Gin

Le Gin est une eau-de-vie d’origine hollandaise, et son origine remonte au Moyen-Age. Tout d’abord remède médicinal, cette boisson a évolué avec le temps pour devenir une boisson complexe. Cet alcool sec est le plus souvent servi en cocktail, car c’est une fois mélangé à d’autres ingrédients que son arôme se développe à sa pleine puissance. Son goût complexe ravit les amateurs d’alcool fin les plus exigeants. Il est en effet rare que cet alcool figure parmi les boissons les plus demandées par la plèbe. On ne naît pas amateur de gin, c’est un gout qui s’acquière avec l’expérience.

Elaboré à partir d’un alcool neutre, le gin est issu de farine de grains (maïs, seigle, malt d’orge) ou de mélasse (de betteraves, pomme de terre ou canne à sucre). Il est ensuite aromatisé obligatoirement avec des baies de genévrier (Aucune règle ne régit les proportions ou les choix des autres aromates, herbes, ou épices entrant par ailleurs dans sa composition).

La saveur du Gin ordinaire est celle d'un alcool très sec, c'est pourquoi on le boit rarement pur. On le retrouve surtout dans la composition de nombreux cocktails quand il n'est pas déjà commercialisé dans une version aromatisée.

Il existe deux grandes variétés de Gin :

  • Le Gin hollandais ou belge aussi appelé Genièvre. Il est obtenu par distillation de farines de seigle et maïs fermentées puis redistillé après l'ajout des aromates : baies de genièvre essentiellement mais aussi la coriandre, le fenouil, le cumin, la réglisse, l'anis, des écorces d'oranges, d'amandes, etc. selon les marques et leurs recettes. C'est un Gin très aromatisé qui peut parfois être vieilli en fûts de chêne ayant contenu du xérès, ce qui lui confère une teinte jaune paille (Yellow Gin). Très parfumé, le Genièvre est rarement utilisé dans les cocktails. En Wallonie, il est connu sous le nom de peket.
  • Le London Dry Gin ou Gin anglais. Il n'est pas nécessaire que le gin soit élaboré à Londres pour avoir le droit à cette appellation. En Angleterre, les distillateurs de Gin n'ont pas le droit de distiller eux-mêmes l'alcool de grains de base. Ils achètent donc l'alcool de base (alcool pur à 96%) et v ensuite distiller à nouveau l'alcool de base en présence de divers aromates (dont le genièvre) ou le mélanger avec un alcoolat d'aromates (« esprit de gin ») et de l'eau distillée. Plus légèrement aromatisé, le Gin anglais est donc plus facilement utilisé dans la composition des cocktails.

Dry Martini

Le cocktail préféré de l'Agent 007 qui le demande toujours au shaker et pas à la cuillère ! Short drink sec à base de gin, servi straight up, ce cocktail se déguste de préférence en apéritif.

Le Dry Martini ou Martini Gin est un apéritif et un cocktail dry officiel de l'IBA, à base de gin et de vermouth blanc (souvent confondu avec la marque de vermouth italien Martini du même nom). Le cocktail Dry Martini fait son apparition aux États-Unis, au début du 20ème siècle, où il devient très populaire. Il est couramment associé à des personnalités telles que Cary Grant, Ernest Hemingway, Robert Oppenheimer, Franklin Delano Roosevelt, Winston Churchill, Queen Mum, et la reine Élisabeth II du Royaume-Uni...

Le standard de préparation donné par l'IBA est d'une mesure de gin et une demie mesure de vermouth blanc sec (Martini « extra dry » ou Noilly Prat). Ces proportions peuvent varier selon les goûts... Le succès de ce cocktail réside donc dans la qualité de ses ingrédients, le dosage étant une affaire de goût. Ainsi Ernest Hemingway aimait un rapport de 10 mesure de Gin pour une de Vermouth. Plus fort, le cinéaste Luis Buñuel se contentait de mouiller les glaçons de vermouth avant de les plonger dans un verre de Gin... Quand à Winston Churchill, il affirmait qu'un regard vers la bouteille de vermouth était suffisant ou que « le martini le plus sec est une bouteille de bon gin qui se trouvait autrefois à côté d'une bouteille de vermouth ».

Recette à la Cuillère : Verser le Gin et le Vermouth dans un verre à mélange rempli de glaçons. Remuer à la cuillère puis filtrer dans le verre de service pour retenir les glaçons (Service "Straight Up"). le cocktail est généralement accompagnée d'une ou deux olives vertes et d'un zeste de citron.

Recette au shaker : Verser le Gin et le Vermouth dans un shaker contenant les glaçons. Secouer puis filtrer dans le verre de service pour retenir les glaçons (Service "Straight Up"). le cocktail est généralement accompagnée d'une ou deux olives vertes et d'un zeste de citron.

Variantes : La Vodka Martini se prépare en remplaçant le Gin par de la Vodka.

Terminons avec cette merveille de dialogue tirée de Casino Royale version 2006 :
- Barman : Au shaker ou à la cuillère, Monsieur ?
- Bond : Est-ce que j'ai l'air d'en avoir quelque chose à foutre ?

Gin Fizz

Long drink désaltérant à base de gin, servi avec glace, ce cocktail se déguste à tout moment de la journée.

Recette très attachée à l’histoire du gin, le Gin Fizz apparaît dans la seconde moitié du XIXème siècle, dès 1876 il est mentionné dans le livre américain « Jerry Thomas’ Bar-tenders Guide » du Professeur Jerry Thomas. Il s’agit d’une variante plus désaltérante du célèbre Gin Tonic. Le Gin Tonic avait été mis au point courant 18ème siècle par la marine anglaise pour lutter contre le Scorbut : le citron apportant l’acidité et le gin aidant à conserver la vitamine C.

Le Gin Fizz a surement fait son apparition vers 1870 quand la technique de mélange au shaker c’est répandue.

Recette : Il se prépare au shaker. Les proportions sont de 4,5 Cl de Gin, 3 Cl de Jus de Citron Jaune et 1Cl de Sirop de Sucre de Canne. Verser dans un verre Tumbler sans filrer (avec les glaçons donc). Compléter avec 8 Cl d'eau gazeuse. Décorer avec une cerise au marasquin et une rondelle de citron.

Variantes : De nombreuses variantes du Gin Fizz existent, il suffit de rajouter un blanc d’œuf pour le Silver Fizz et un jaune d’œuf pour le Golden Fizz. La plus connue est sans nul doute celle née en Nouvelle-Orléans, le Ramos Gin Fizz réalisée notamment avec un blanc d’œuf et de la crème liquide.

Alexander

Short drink onctueux à base de gin, servi straight up (sans glace), ce cocktail se déguste de préférence en digestif.

Dans le 'Recipes for Mixed Drinks' de Hugo Ensslin, datant de 1915, on trouve déjà une recette d'Alexander : gin, crème de cacao blanc et crème en parts égales. Plusieurs versions divergentes existent sur la naissance de l’Alexander. Son origine reste donc mystérieuse mais il semblerait que l’Alexander aurait été créé à New York avant la prohibition, dans les années 1910, par le barman Troy Alexander. Ce digestif de couleur blanche aurait été créé à l’occasion d’un dîner célébrant Phoebe Snow, personnage de publicité pour les chemins de fer qui était toujours vêtu d’une robe blanche.

Recette : Il se prépare au shaker et se sert dans un verre à cocktail refroidi, éventuellement dans une coupe à champagne (Service frappé sans glace). Les proportions sont 1/3 de Gin, 1/3 de Crème de Caco et 1/3 de Crème liquide. Certains ajoutent un blanc d'oeuf pour la texture. La garniture est habituellement de la noix de muscade râpée.

Variantes : La variante la plus courante est l'Alexandra anciennement appelé Brandy Alexander, utilisant du cognac en lieu et place du Gin. Si le substitut du gin est une liqueur de café comme le Kahlúa, on obtient un Coffee Alexander, et un Blue Alexander si on utilise du Curaçao bleu à la place de la crème de cacao.